Combien épargner pour sa retraite selon son âge

L’effort d’épargne nécessaire pour compléter sa retraite dépend de trois paramètres : le revenu visé, le rendement obtenu et, surtout, le nombre d’années disponibles. Pour un même objectif, commencer à 50 ans plutôt qu’à 30 ans multiplie l’effort mensuel par plus de trois.
Le fait
Prenons un objectif de 2 000 € par mois de complément de revenu, en pouvoir d’achat d’aujourd’hui, versé pendant vingt-cinq ans à partir de 65 ans. Avec une inflation de 2 % par an et un capital placé à 5 % pendant la retraite, il faut disposer d’environ 427 000 € au moment du départ.
Épargne mensuelle nécessaire, sans capital de départ, avec un rendement moyen de 6 % par an
- À 30 ans : environ 480 € par mois.
- À 40 ans : environ 850 € par mois.
- À 50 ans : environ 1 760 € par mois.
- À 55 ans : environ 2 920 € par mois.
Ces montants sont exprimés en euros d’aujourd’hui : l’épargne doit suivre l’inflation année après année. Ils ne tiennent compte ni des frais ni de la fiscalité des placements. Le rendement de 6 % est une hypothèse moyenne, pas une promesse : il suppose une part d’actifs risqués, donc un risque de perte en capital.
Le mécanisme
Le temps pèse plus que le rendement
Entre 30 et 50 ans, l’effort passe de 480 € à 1 760 € par mois. Deux effets se cumulent : il y a moins de mensualités pour constituer le même capital, et chaque versement travaille moins longtemps. À 30 ans, une part importante du capital final provient des intérêts ; à 55 ans, il provient presque entièrement de l’épargne versée.
Le rendement compte surtout sur longue durée
Passer de 3 % à 8 % divise l’effort par 2,7 sur trente-cinq ans, mais seulement par 1,3 sur dix ans. Sur un horizon court, prendre davantage de risque ne réduit presque pas l’effort et expose à une baisse sans temps pour la compenser.
Deux phases, deux niveaux de risque
Le calcul distingue la constitution du capital et sa consommation. Pendant la retraite, le capital doit financer des retraits réguliers : il est en général placé plus prudemment, d’où l’hypothèse de 5 % retenue pour cette phase, contre 6 % pendant la constitution. Une hypothèse plus basse augmenterait le capital nécessaire.
Ce que cela change pour votre patrimoine
- Chiffrer d’abord le besoin. Le point de départ est l’écart entre le revenu souhaité à la retraite et la pension estimée, disponible sur info-retraite.fr.
- Le capital existant change tout. Une épargne déjà constituée, placée pendant vingt ans, réduit fortement l’effort mensuel. Elle doit être intégrée au calcul.
- À dix ans de l’échéance, les leviers sont différents. Durée d’activité, cession d’un actif, usage de l’immobilier : l’effort d’épargne seul ne suffit plus toujours.
- L’enveloppe vient après le calcul. Le choix du cadre fiscal dépend de la tranche d’imposition, de l’horizon et du besoin de disponibilité.
- Un plan se révise. Revenus, situation familiale et marchés évoluent : le calcul se refait tous les deux ou trois ans.
Le simulateur de complément de retraite refait ce calcul avec votre âge, votre capital actuel et le revenu que vous visez.
Questions fréquentes
Quel capital faut-il pour obtenir 2 000 € par mois à la retraite ?
Environ 427 000 € pour vingt-cinq ans de versements revalorisés de l’inflation, avec un capital placé à 5 % et une inflation de 2 %. Le montant augmente si le rendement retenu est plus faible ou la durée plus longue.
À quel âge commencer à épargner pour sa retraite ?
Le plus tôt possible, même pour un petit montant. À objectif égal, l’effort mensuel est plus de trois fois plus faible à 30 ans qu’à 50 ans.
Quel rendement retenir pour ses projections ?
Aucun rendement n’est garanti sur longue période. La bonne pratique consiste à comparer plusieurs hypothèses et à vérifier que le projet reste tenable avec la plus prudente.
Sources : Calculs Chess Patrimoine : annuités constantes en euros constants, inflation de 2 % par an, rendement moyen de 6 % avant la retraite et de 5 % pendant la retraite, hors frais et fiscalité. Estimation de la pension : info-retraite.fr.
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